La souffrance est aussi très souvent ce qui conduit une personne à consulter un psychologue. Pourtant, il n’est pas toujours facile de savoir de quoi cette personne souffre.
Certaines personnes viennent en consultation en disant simplement :
« Je ressens un mal-être », « Je me sens vide », « Je me sens seul(e) », « Je me sens en souffrance, mais je ne sais pas pourquoi », « Je souffre, mais je n’arrive pas à savoir de quoi » ou encore « Je sens que quelque chose ne va pas, mais je ne sais pas quoi. »
Derrière ces mots peuvent se dessiner un sentiment de vide intérieur, de solitude, une perte de sens ou un malaise difficile à nommer ; une souffrance restée en suspens, qui attend d’être déchiffrée.
La personne peut également venir consulter pour un symptôme précis et découvrir, au fil du travail thérapeutique, une souffrance dont elle n’avait jusque-là pas véritablement conscience.
Derrière le motif qui conduit à consulter peut alors s’ouvrir une autre question : qu’est-ce qui, pour cette personne, fait véritablement souffrance ?
« Je souffre, mais je ne sais pas pourquoi »
La souffrance psychique n’est pas toujours facilement identifiable.
Elle peut parfois être associée à un événement précis : une séparation, un deuil, une maladie, une difficulté professionnelle, un conflit familial ou une période de bouleversement.
Mais il arrive aussi qu’aucune cause évidente ne puisse être immédiatement repérée.
Une personne peut alors dire :
« Je souffre, mais je ne sais pas pourquoi. »
Ou simplement :
« Je ne sais pas ce qui m’arrive. »
Elle peut également être plus diffuse : quelque chose ne va pas, sans qu’il soit encore possible de mettre des mots sur ce qui se passe.
La souffrance, une question aussi ancienne que l’existence humaine
La souffrance fait partie de la condition humaine. Depuis longtemps, elle interroge la philosophie : pourquoi l’être humain souffre-t-il et quelle place donner à cette souffrance dans l’existence ?
Au XIXᵉ siècle, Schopenhauer fait de la souffrance une question centrale de sa philosophie. Il la pense notamment à partir du vouloir : l’être humain tend vers ce qui lui manque et la satisfaction obtenue ne met jamais définitivement fin à ce mouvement. Un objet de satisfaction atteint laisse bientôt place à une nouvelle aspiration. Dans cette perspective, cette succession participe du caractère douloureux de l’existence.
Lacan distingue notamment le besoin, la demande et le désir. Le désir ne se réduit pas à un besoin qui pourrait trouver son objet et être définitivement satisfait. Il s’articule au manque, qui n’est pas pensé comme un défaut qu’il faudrait parvenir à combler : il est constitutif du désir.
L’incomplétude n’est pas à penser comme une souffrance ou une défaillance à réparer : elle ouvre une voie au désir.
Le symptôme et la souffrance
Il arrive qu’une personne consulte pour un symptôme précis. Elle peut souffrir de crises d’angoisse, d’une phobie, de troubles du sommeil, de manifestations corporelles, de difficultés relationnelles ou encore de situations qui semblent se répéter malgré elle.
Le symptôme est alors souvent ce qui fait souffrir et ce qui conduit à demander de l’aide. Pourtant, souffrir de son symptôme ne signifie pas nécessairement savoir ce qui s’y joue.
Freud met en évidence toute la complexité du symptôme : celui-ci peut être à la fois source de souffrance et porteur d’une satisfaction inconsciente. En tant que formation de compromis prise dans le conflit psychique, le symptôme peut ainsi faire souffrir la personne tout en répondant, à son insu, à une autre logique.
Cette dimension permet aussi de comprendre pourquoi il peut être si difficile de se défaire d’un symptôme, y compris lorsque celui-ci fait souffrir. Le sujet peut souhaiter consciemment qu’il disparaisse, tandis que quelque chose, dans le symptôme lui-même, continue de trouver une forme de satisfaction.
Interroger le sens du symptôme, c’est alors chercher à comprendre la place qu’il occupe dans l’histoire singulière d'une personne. Pourquoi ce symptôme ? Pourquoi apparaît-il à ce moment-là ? À quoi vient-il faire écho dans son histoire, dans ses relations ou dans ce qui se répète pour elle ?
Deux personnes présentant apparemment le même symptôme ne souffrent pas nécessairement de la même chose. Un symptôme s’inscrit dans une histoire toujours singulière, dont une part peut échapper à la conscience.
Le travail analytique peut ainsi permettre que quelque chose de ce qui se manifeste à travers le symptôme puisse progressivement être entendu et mis en mots.
Mettre des mots sur sa souffrance : quand les maux deviennent des mots
Certaines souffrances peuvent longtemps rester silencieuses.
Elles peuvent se manifester dans le corps, dans les relations, dans les choix de vie ou dans certaines répétitions avant de pouvoir être véritablement formulées.
Le travail thérapeutique peut permettre que quelque chose de cette souffrance trouve progressivement des mots.
Il ne s’agit pas nécessairement de trouver immédiatement une explication à ce qui arrive.
La parole permet parfois d’abord de faire apparaître des liens, des souvenirs, des associations ou des questions qui n’avaient jusque-là pas trouvé de place.
Mettre des mots sur ce qui fait souffrir peut ainsi permettre de ne plus être seulement pris dans ce qui se répète ou dans ce qui s’impose.
Comment savoir quand consulter un psychologue ?
Il n’existe pas de degré de souffrance à atteindre avant de pouvoir consulter.
Certaines personnes viennent lorsqu’un événement bouleverse leur équilibre. D’autres consultent parce qu’un symptôme devient envahissant ou parce qu’une difficulté se répète depuis longtemps.
D’autres encore ne savent pas précisément ce qui les amène, mais sentent qu’elles ne parviennent plus à avancer comme auparavant.
Il n’est pourtant pas nécessaire de pouvoir expliquer précisément sa souffrance avant de consulter. Le fait même de ne pas comprendre ce qui arrive peut constituer le point de départ d’un travail.
Consulter un psychologue à Levallois-Perret
Consulter un psychologue peut permettre de disposer d’un espace dans lequel ce qui fait souffrance peut être entendu sans être immédiatement réduit à un diagnostic, à une explication ou à une réponse toute faite.
Le travail thérapeutique se construit à partir de ce que la personne apporte : son histoire, ses symptômes, ses relations, ses interrogations et ce qui, à ce moment particulier de son existence, l’amène à demander de l’aide.
La consultation offre ainsi un lieu où cette parole peut être accueillie et où ce qui fait souffrance peut progressivement être élaboré.
Je vous recevrai à mon cabinet de psychologie à Levallois-Perret, à proximité du métro Anatole France. Les consultations s'adressent aux adultes, aux adolescents, aux enfants et aux couples.