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Pourquoi est-ce que je me sens triste sans raison ? Comprendre la dépression

23 août
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 sept.


Il arrive de traverser des périodes où l’on ne se reconnaît plus vraiment. On se sent triste, vide, fatigué, sans toujours parvenir à comprendre pourquoi.

Des choses qui faisaient plaisir auparavant semblent perdre leur intérêt. Se lever, travailler, voir ses proches ou simplement accomplir les gestes du quotidien peut demander un effort inhabituel.

Certaines personnes décrivent un sentiment de vide, une perte d’envie ou l’impression de fonctionner sans réellement parvenir à ressentir les choses.

D’autres parlent plutôt d’une irritabilité inhabituelle, d’une fatigue persistante ou d’un besoin de s’isoler.

Alors une question revient souvent : 

« Pourquoi est-ce que je me sens triste alors que je n’ai aucune raison de l’être ? »

Peut-on être déprimé sans savoir pourquoi ?


La souffrance psychique n’est pas toujours directement liée à un événement identifiable.

Une séparation, un deuil, une difficulté professionnelle, une maladie ou un changement important dans la vie peuvent évidemment provoquer une période de grande tristesse.

Mais il arrive aussi que le mal-être apparaisse alors que, extérieurement, rien ne semble l’expliquer.

Pourquoi est-ce que je vais mal alors que tout semble aller bien dans ma vie ?

Pourquoi n’arrive-je plus à ressentir de plaisir ?

Pourquoi ai-je envie de m’isoler alors que je ne le souhaite pas vraiment ?

Ce décalage peut être particulièrement difficile à vivre. La personne peut alors chercher une explication, se comparer aux autres ou culpabiliser de ne pas réussir à « aller bien ».

Pourtant, ne pas savoir immédiatement pourquoi l’on souffre ne signifie pas que cette souffrance n’a pas de sens.

Comment la dépression peut-elle se manifester ?


La dépression ne se manifeste pas nécessairement de la même manière chez chacun.

Elle peut prendre la forme d’une tristesse persistante, mais aussi d’un sentiment de vide, d’une perte d’intérêt ou de plaisir, d’une grande fatigue, d’une difficulté à se concentrer ou encore d’un sentiment de ralentissement.

Parfois, ce sont plutôt l’irritabilité, les troubles du sommeil, l’envie de s’isoler ou l’impression d’être constamment dépassé qui occupent le devant de la scène.

Certaines personnes continuent d’ailleurs à travailler, à s’occuper de leurs enfants ou à maintenir une vie sociale tout en éprouvant intérieurement une souffrance importante.

« Pourquoi suis-je épuisé alors que je continue à tout faire ? Pourquoi est-ce que plus rien ne me fait vraiment envie ? Pourquoi ai-je l’impression d’être là sans être vraiment présent ? »

Ces manifestations méritent d’être entendues lorsqu’elles s’installent et commencent à peser sur la vie quotidienne.

Pourquoi est-il parfois si difficile de demander de l’aide ?


Il n’est pas toujours facile de reconnaître que l’on va mal.

On peut se dire que cela va passer, que d’autres vivent des situations plus difficiles ou que l’on devrait parvenir à s’en sortir seul.

Certaines personnes attendent ainsi longtemps avant de consulter parce qu’elles ne considèrent pas leur souffrance comme suffisamment importante.

D’autres ne savent tout simplement pas comment expliquer ce qu’elles ressentent.

« Qu’est-ce que je vais dire au psychologue alors que je ne sais même pas ce qui ne va pas ? »

Il n’est pourtant pas nécessaire d’avoir déjà compris ce qui se passe pour consulter.

Le travail peut précisément commencer à partir de cette difficulté à mettre des mots sur ce qui est vécu.

Que peut signifier cette tristesse ?


Dans une approche psychanalytique, il ne s’agit pas uniquement de chercher à supprimer la tristesse ou de retrouver au plus vite son état antérieur.

Il s’agit aussi de pouvoir entendre ce que cette souffrance vient dire pour cette personne-là.

Un sentiment de vide, une perte d’élan ou une tristesse persistante peuvent venir toucher à des éléments très différents selon l’histoire de chacun : une perte actuelle ou ancienne, une séparation, une place devenue difficile à tenir, un désir qui ne trouve plus à s’exprimer, certaines relations ou encore des expériences passées qui continuent d’avoir des effets dans le présent.

Il ne s’agit donc pas de donner une signification générale à la dépression.

Deux personnes qui semblent présenter les mêmes manifestations peuvent les vivre pour des raisons profondément différentes.

C’est dans cette singularité que le travail psychologique prend place.

Parler de ce qui semble ne pas avoir de raison


Le travail avec un psychologue peut permettre de déposer ce qui est vécu sans avoir à en connaître immédiatement l’origine.

Au fil des séances, certains mots, souvenirs, associations ou répétitions peuvent apparaître. Des liens peuvent progressivement se faire entre ce qui est éprouvé aujourd’hui et certains éléments de l’histoire personnelle.

Dans une approche psychanalytique, l’objectif n’est pas d’imposer une explication à la souffrance, mais d’ouvrir un espace dans lequel la personne peut commencer à entendre autrement ce qui lui arrive.

Ce travail peut permettre que ce qui semblait jusque-là incompréhensible trouve progressivement une possibilité d’être pensé et mis en mots.

Quand consulter un psychologue ?


Il n’est pas nécessaire d’attendre de ne plus pouvoir faire face pour consulter.

Une tristesse qui persiste, une perte d’envie, un sentiment de vide, une fatigue psychique importante, un isolement croissant ou simplement l’impression de ne plus parvenir à retrouver son équilibre peuvent constituer des raisons suffisantes pour demander de l’aide.

Et parfois, la première phrase adressée au psychologue peut simplement être :

« Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais je ne vais pas bien. »

C’est déjà un point de départ.

Sarah Berenzon, psychologue clinicienne à Levallois-Perret, reçoit adultes, adolescents, enfants et couples. Les consultations offrent un espace pour mettre en mots ce qui fait souffrance et tenter d’en comprendre progressivement les enjeux singuliers.



 
 
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