Peut-on tout pardonner dans le couple ? Infidélité, trahison et mensonge
Dernière mise à jour : il y a 5 jours

« Je lui ai pardonné, mais je n’arrive pas à oublier. »
« Depuis que je l’ai appris, je ne regarde plus notre histoire de la même manière. »
« Je ne sais plus ce qui était vrai et ce qui ne l’était pas. »
« Nous avons décidé de rester ensemble, mais quelque chose s’est cassé. »
« Je l’aime encore, mais je ne lui fais plus confiance. »
Dans une relation de couple, certaines blessures semblent pouvoir être dépassées.
D’autres donnent le sentiment d’avoir profondément modifié quelque chose dans le lien.
Une infidélité, un mensonge qui dure depuis longtemps, la découverte d’un secret ou le sentiment d’avoir été trahi peuvent provoquer une véritable rupture dans la manière dont une personne regardait son partenaire, mais également dans la manière dont elle comprenait jusque-là sa propre histoire de couple.
Une question revient alors fréquemment :
Peut-on pardonner ?
Mais derrière cette question s’en cachent plusieurs autres.
Pardonner signifie-t-il oublier ? Faut-il comprendre pour pardonner ? Peut-on continuer à aimer quelqu’un auquel il devient difficile de faire confiance ? Et rester ensemble signifie-t-il nécessairement que la blessure est dépassée ?
Qu’est-ce qu’une trahison dans le couple ?
Lorsqu’il est question de trahison dans le couple, l’infidélité vient souvent immédiatement à l’esprit.
Pourtant, le sentiment d’avoir été trahi peut apparaître dans bien d’autres situations.
Découvrir que son partenaire a contracté des dettes ou effectué des dépenses importantes en les dissimulant. Apprendre qu’il a menti pendant plusieurs mois sur sa situation professionnelle. Découvrir une relation entretenue secrètement avec une autre personne, même lorsqu’il n’y a pas eu de relation sexuelle. Comprendre qu’une information intime confiée à son partenaire a été racontée à d’autres. Découvrir un secret important concernant sa vie ou son passé. Ou encore apprendre qu’une décision engageant le couple a été prise sans soi.
Toutes ces situations ne sont évidemment pas équivalentes.
Mais elles peuvent avoir quelque chose en commun : la découverte que l’autre savait quelque chose que l’on ignorait et qu’il a choisi de le dissimuler.
La souffrance peut alors porter autant sur ce qui a été caché que sur le mensonge lui-même.
« Ce n’est même pas ce qu’il a fait qui me fait le plus mal. C’est qu’il m’a regardée pendant des mois en me mentant. »
« Si je n’avais pas découvert les messages, est-ce qu’elle me l’aurait un jour dit ? »
« Maintenant, même lorsqu’il me dit la vérité, je doute. »
Le mensonge introduit ainsi parfois une question particulièrement déstabilisante :
« Si je n’ai pas su reconnaître ce mensonge-là, comment savoir ce qui est vrai aujourd’hui ? »
Tous les mensonges ont-ils la même importance dans un couple ?
Tous les mensonges ne peuvent évidemment pas être mis sur le même plan.
Une omission, un mensonge ponctuel destiné à éviter une dispute, une dissimulation entretenue pendant plusieurs mois et l’existence d’une véritable double vie ne produisent pas nécessairement les mêmes effets.
La gravité du mensonge ne dépend d’ailleurs pas uniquement de son contenu.
Elle dépend aussi de ce qu’il vient rompre dans le pacte singulier du couple.
Une situation considérée comme secondaire dans une relation peut représenter, dans une autre, une transgression majeure de ce qui avait été explicitement ou implicitement établi entre les partenaires.
Ce qui fait trahison ne peut donc pas toujours être défini de l’extérieur.
Il engage aussi ce que chacun pensait pouvoir attendre de l’autre, ce qui avait été promis, ce qui semblait entendu et la place que la confiance occupait dans la relation.
« Est-ce que toute notre histoire était un mensonge ? »
La découverte d’une infidélité, d’un secret ou d’un mensonge important peut produire un bouleversement qui dépasse largement le moment présent.
La personne ne questionne plus seulement ce qu’elle vient d’apprendre. Elle peut commencer à revisiter rétrospectivement toute son histoire :
« Quand il me disait qu’il m’aimait, était-ce vrai ? »
« Cette soirée où elle est rentrée tard, était-elle vraiment là où elle disait être ? »
« Depuis combien de temps est-ce que je ne savais pas ? »
« Est-ce que les moments heureux que nous avons vécus étaient faux eux aussi ? »
Le passé lui-même semble parfois devenir incertain.
Des souvenirs qui avaient jusque-là une signification peuvent être relus à la lumière de ce qui vient d’être découvert.
C’est aussi ce qui peut rendre la trahison particulièrement douloureuse : elle atteint parfois non seulement la confiance dans le présent, mais le récit que la personne s’était construit de son couple.
Après une trahison : vouloir tout savoir
Après la découverte d’une infidélité ou d’un mensonge important, il est fréquent de vouloir comprendre.
Depuis quand ?
Combien de fois ?
Pourquoi ?
Qui était au courant ?
Qu’est-ce qui a réellement été caché ?
Dans le cas d’une infidélité, les questions peuvent se multiplier encore davantage :
Où ?
Avec qui ?
Qui a fait le premier pas ?
Qu’est-ce que l’autre ressentait ?
Y avait-il des sentiments ?
Qu’est-ce qui a été dit sur le couple ?
La recherche de réponses peut donner l’impression qu’en connaissant enfin toute la vérité, quelque chose pourra s’apaiser.
Et certaines réponses peuvent effectivement être nécessaires.
Mais une difficulté peut apparaître : où s’arrête le besoin de savoir ?
Une réponse appelle parfois une nouvelle question. Un détail en entraîne un autre.
Certaines informations recherchées dans l’espoir d’être rassuré peuvent ensuite devenir des images impossibles à chasser.
Le doute peut alors persister jusque dans les réponses :
« Est-ce qu’il me dit vraiment tout cette fois-ci ? »
La personne peut se retrouver prise entre deux mouvements : avoir besoin de savoir et souffrir de ce qu’elle apprend.
Pourquoi est-il si difficile de refaire confiance ?
Une fois qu’un mensonge a été découvert, une pensée peut apparaître :
« S’il a réussi à me mentir une fois, comment savoir qu’il ne me ment pas encore ? »
Ce qui semblait auparavant banal devient susceptible d’être interprété.
Un retard. Un téléphone retourné sur une table. Un message reçu tard. Une modification d’emploi du temps. Un silence. Une dépense inhabituelle. Une réponse qui paraît évasive.
L’angoisse et l’anxiété peuvent alors conduire à une vigilance permanente.
La personne peut vérifier, interroger, chercher des incohérences ou demander des preuves.
Lorsqu’il y a eu infidélité, une jalousie jusque-là absente peut également apparaître ou devenir beaucoup plus importante.
Il faut ici distinguer cette situation d’une jalousie envahissante qui existait avant toute infidélité : lorsque la confiance a effectivement été rompue, la méfiance ne surgit pas sans histoire.
Mais la surveillance permanente ne suffit pas nécessairement à reconstruire la confiance.
Elle peut même enfermer progressivement les deux partenaires dans une relation où l’un cherche sans cesse à vérifier et où l’autre doit sans cesse prouver.
La trahison peut-elle atteindre la confiance en soi ?
Certaines trahisons ne bouleversent pas seulement la confiance accordée à l’autre.
Elles peuvent également atteindre la manière dont une personne se regarde elle-même.
Dans le cas d’une infidélité, cette dimension peut être particulièrement présente :
« Qu’est-ce qu’elle avait que je n’ai pas ? »
« Pourquoi lui ? »
« Est-ce que je ne lui suffisais plus ? »
« Est-ce qu’il ne me désirait plus ? »
La personne peut commencer à se comparer à celui ou celle qui est devenu le tiers de la relation.
Son apparence, son âge, son corps, sa personnalité ou sa sexualité peuvent devenir autant de points de comparaison.
La confiance en soi peut alors être profondément ébranlée.
Mais d’autres formes de mensonge peuvent également susciter des interrogations douloureuses :
« Comment ai-je pu ne rien voir ? »
« Pourquoi lui ai-je fait confiance ? »
« Est-ce que j’ai été naïf ? »
La blessure porte alors aussi sur la confiance accordée à son propre jugement.
Pourtant, avoir été trompé par quelqu’un ne signifie pas avoir été incapable de comprendre l’autre.
Faire confiance suppose précisément de ne pas vivre dans une vérification permanente de ce que dit son partenaire.
Celui ou celle qui a menti ou trahi peut-il aussi souffrir ?
La souffrance liée à une trahison ne se distribue pas toujours simplement entre une personne qui aurait souffert et une autre qui aurait fait souffrir.
Celui ou celle qui a menti peut éprouver de la culpabilité, de la honte, de la tristesse ou la peur de perdre son couple.
Dans le cas d’une infidélité, des sentiments contradictoires peuvent également apparaître : regretter ce qui s’est passé tout en reconnaissant avoir éprouvé du désir pour quelqu’un d’autre ; vouloir préserver son couple tout en cherchant à comprendre ce qui l’a conduit ailleurs.
Reconnaître cette complexité ne revient pas à effacer la responsabilité de chacun dans ses actes.
Comprendre n’est pas excuser.
Mais comprendre ce qui s’est passé suppose parfois de pouvoir sortir d’une répartition figée entre celui qui serait uniquement coupable et celui qui serait uniquement victime, sans pour autant nier la blessure ou mettre artificiellement les deux partenaires sur le même plan.
Une infidélité signifie-t-elle que le couple allait mal ?
Pas nécessairement.
Il peut être tentant, après une infidélité, de chercher immédiatement ce qui « n’allait pas dans le couple ».
Parfois, des difficultés existaient : éloignement, conflits répétés, manque de communication, difficultés autour du désir et de la sexualité, sentiment de ne plus être regardé ou reconnu par l’autre.
Mais expliquer toute infidélité par un dysfonctionnement du couple serait réducteur.
L’infidélité peut aussi engager l’histoire, le désir, les conflits ou les choix de celui ou celle qui la commet.
La comprendre ne signifie donc ni l’excuser ni considérer automatiquement que le partenaire trompé ou le couple en serait responsable.
Pardonner, est-ce oublier ?
« Pardonner » est parfois entendu comme la nécessité de tourner la page.
Mais une expérience douloureuse ne disparaît pas sur commande.
Dire « je te pardonne » n’efface ni ce qui s’est passé, ni la colère, ni la tristesse, ni les questions qui peuvent persister.
Et oublier n’est pas nécessairement la condition du pardon.
Peut-être la question n’est-elle d’ailleurs pas toujours de retrouver le couple « comme avant ».
Car après certaines découvertes, il n’y a précisément plus d’avant auquel revenir.
Quelque chose a eu lieu et appartient désormais à l’histoire du couple.
L’enjeu peut alors être différent : savoir ce que les deux partenaires peuvent faire de ce qui s’est produit.
Rester ensemble signifie-t-il avoir pardonné ?
Un couple peut rester ensemble sans que la blessure soit réellement élaborée.
La trahison peut alors réapparaître au cours de chaque dispute :
« Après ce que tu m’as fait, tu n’as rien à dire. »
Elle peut devenir une dette impossible à solder, donnant à l’un une position de coupable permanent et à l’autre celle de celui ou celle qui détient désormais une créance sur la relation.
Inversement, pardonner ne signifie pas nécessairement rester.
Une personne peut parvenir à ne plus être envahie par la colère ou la souffrance et décider néanmoins que quelque chose a été atteint qui ne lui permet plus de poursuivre cette relation.
Pardonner, rester ensemble et reconstruire le couple sont donc trois questions différentes.
Peut-on reconstruire un couple après une trahison ?
Certains couples poursuivent leur histoire après une infidélité, un mensonge ou une autre forme de trahison. D’autres se séparent.
Il n’existe pas de réponse générale permettant de déterminer ce qu’un couple « devrait » faire.
Reconstruire ne signifie pas nécessairement effacer la rupture et revenir à l’état antérieur.
Il peut s’agir de construire une relation différente, dans laquelle ce qui s’est produit peut être parlé sans occuper toute la place.
Cela suppose parfois de pouvoir entendre deux questions distinctes : ce qui a été fait et la blessure que cela a produite, mais également ce que cet événement vient révéler ou interroger dans l’histoire du couple et de chacun.
Quand la même blessure revient sans cesse
Certaines blessures conjugales semblent ne jamais quitter la relation.
Des mois ou des années plus tard, une dispute peut ramener exactement au même événement.
La personne peut avoir le sentiment de répéter sans cesse les mêmes questions, la même colère ou la même scène.
« Je voudrais passer à autre chose, mais j’y reviens toujours. »
Cette répétition peut signaler que quelque chose n’a pas encore pu trouver de place ou être suffisamment élaboré.
Le problème n’est alors pas nécessairement que la personne « refuse de pardonner ».
Il peut être que ce qui s’est produit continue de faire effraction dans la relation et dans son histoire.
La thérapie de couple peut-elle aider après une infidélité, un mensonge ou une trahison ?
Consulter un psychologue en couple ne signifie pas venir chercher quelqu’un qui décidera qui a raison, qui a tort, s’il faut pardonner ou s’il faut rester ensemble.
La thérapie de couple peut offrir un espace dans lequel ce qui s’est produit peut être mis en mots autrement que dans la répétition des disputes, des accusations ou des justifications.
Elle peut permettre d’interroger ce qui a été rompu, ce que chacun attend désormais de l’autre et ce qu’il est encore possible — ou non — de construire ensemble.
Parfois, le travail conduit à poursuivre la relation autrement.
Parfois, il accompagne la possibilité d’une séparation.
L’enjeu n’est pas de préserver le couple à tout prix, mais de permettre à chacun de mieux entendre ce qui se joue dans la relation et dans son propre désir.
Consulter un psychologue après une infidélité, un mensonge ou une trahison
Une infidélité, un mensonge ou une trahison peuvent provoquer une souffrance importante, qu’un couple décide de poursuivre son histoire ou qu’il s’interroge sur une séparation.
Je reçois dans mon cabinet de psychologie à Levallois-Perret les couples qui traversent une crise, ainsi que les adultes souhaitant entreprendre un travail individuel.
Une première consultation peut permettre de mettre en mots ce qui s’est produit et d’interroger ce que cette rupture de confiance vient bouleverser pour chacun.
Pour prendre rendez-vous, vous pouvez me contacter par téléphone au 06 15 15 61 63 ou prendre rendez-vous directement sur Doctolib.


