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Jalousie dans le couple : quand devient-elle une souffrance ?

21 août
8 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 5 jours


« Elle est trop jalouse. »
« Il veut toujours savoir où je suis et avec qui. »
« Je sais que je suis jalouse, mais je n’arrive pas à m’en empêcher. »
« Il regarde mon téléphone dès que j’ai le dos tourné. »
« J’ai beau la rassurer, le doute revient toujours. »

La jalousie peut traverser toute relation amoureuse.


La possibilité de perdre l’autre, de ne plus être aimé ou de voir apparaître un rival peut susciter une inquiétude sans que celle-ci envahisse nécessairement la relation.


Mais parfois, le doute prend une place considérable.


Un retard, un message, un regard, un changement d’attitude ou l’apparition d’une nouvelle personne dans l’entourage du partenaire peuvent devenir le point de départ d’interrogations incessantes.


La jalousie peut alors devenir une véritable souffrance, pour celui ou celle qui l’éprouve comme pour le partenaire qui en devient l’objet.


À partir de quand la jalousie devient-elle envahissante ? Et que vient-elle mettre en jeu dans la relation à l’autre ?


La jalousie est-elle toujours un problème dans le couple ?


Être jaloux ne signifie pas nécessairement souffrir de ce que l’on appelle parfois une « jalousie maladive ».


La jalousie apparaît souvent lorsqu’un tiers, réel ou imaginé, semble pouvoir menacer la place occupée auprès de la personne aimée. Elle met ainsi en jeu trois places : soi, l’autre aimé et celui ou celle qui pourrait devenir un rival.


Une personne peut éprouver ponctuellement de la jalousie sans chercher à contrôler son partenaire et sans remettre constamment en question ses sentiments.


La question n’est donc pas tant de savoir s’il faudrait parvenir à ne plus jamais être jaloux, mais plutôt de comprendre quelle place la jalousie occupe dans la vie psychique et dans la relation de couple.


Qu’appelle-t-on « jalousie maladive » ?


L’expression « jalousie maladive » est couramment employée pour parler d’une jalousie devenue excessive, envahissante ou difficile à contenir.


Elle peut prendre différentes formes : interrogations répétées, besoin constant d’être rassuré, recherche de preuves, vérification du téléphone ou des réseaux sociaux, accusations, comparaison avec d’autres personnes ou attention permanente portée à tout ce qui pourrait signaler une possible infidélité.


« Pourquoi as-tu mis autant de temps à répondre ? »
« Qui est cette personne qui t’a envoyé un message ? »
« Pourquoi l’as-tu regardée ? »
« Est-ce que tu me trouves toujours attirant(e) ? »
« Est-ce qu’il s’est passé quelque chose entre vous ? »

Une réponse peut rassurer pendant quelques heures, parfois quelques jours. Puis une nouvelle question apparaît.


La personne peut elle-même reconnaître le caractère excessif de ses réactions et pourtant ne pas parvenir à les empêcher.


Après une dispute ou une accusation, la colère peut ainsi laisser place à la culpabilité ou à la tristesse : regretter d’avoir interrogé, vérifié ou accusé, tout en sachant que le même mouvement risque de recommencer lorsque le doute réapparaîtra.


Parler de « jalousie maladive » ne suffit donc pas à expliquer ce qui se passe.


Derrière des comportements apparemment semblables peuvent se trouver des histoires et des enjeux psychiques très différents.


« J’ai besoin d’être rassuré(e), mais ça ne suffit jamais »

Lorsque la jalousie devient envahissante, la personne peut demander sans cesse à son partenaire de la rassurer.


L’autre explique, répond, montre, promet.


Pourtant, le soulagement peut être de courte durée.


Chez certaines personnes, la possibilité de perdre l’autre suscite une véritable angoisse.


L’anxiété peut conduire à observer attentivement tout ce qui pourrait confirmer ou infirmer une crainte : un silence inhabituel, une réponse plus tardive, un changement de ton, une sortie, une nouvelle relation professionnelle.


Ce qui devient douloureux n’est alors pas seulement la crainte qu’une infidélité puisse avoir lieu. C’est parfois l’impossibilité d’obtenir une certitude suffisamment durable pour que le doute s’apaise.


Le partenaire peut progressivement avoir le sentiment de devoir fournir toujours davantage de preuves de son amour ou de sa fidélité.


Mais aucune relation ne permet d’accéder totalement aux pensées et au désir de l’autre.


Il demeure toujours quelque chose de l’autre qui échappe.


Et c’est parfois précisément cette part d’incertitude qui devient insupportable.


La jalousie est-elle seulement un manque de confiance en soi ?


La jalousie est fréquemment expliquée par un manque de confiance en soi.


Cette dimension peut effectivement être présente.


L’apparition d’un rival réel ou imaginaire peut faire surgir des questions douloureuses :


« Qu’est-ce qu’elle a que je n’ai pas ? »
« Est-il plus attirant que moi ? »
« Est-ce qu’elle est plus intéressante ? »
« Pourquoi continuerait-il à me choisir s’il rencontrait quelqu’un de mieux ? »

La comparaison peut alors devenir incessante.


Le rival semble posséder précisément ce dont la personne pense manquer : il serait plus séduisant, plus intéressant, plus brillant ; elle serait plus belle, plus désirable, plus libre.


La personne peut ainsi se confronter à une image idéale d’elle-même, à ce qu’elle pense devoir être pour demeurer désirable aux yeux de l’autre.


L’écart entre cette représentation idéale et la manière dont elle se perçoit réellement peut renforcer le sentiment de ne jamais être suffisamment belle, séduisante, intéressante ou aimable.


Mais réduire la jalousie à un manque de confiance en soi serait insuffisant.

Car la jalousie engage également une autre question : quelle place la personne pense-t-elle occuper dans le désir de l’autre ?


La peur d’être remplacé


Derrière la peur de l’infidélité se trouve parfois une peur plus profonde : celle d’être remplacé.


Il ne s’agit plus seulement de craindre la fin d’une relation.


Il peut s’agir de découvrir que la place que l’on croyait singulière auprès de l’autre pourrait être occupée par quelqu’un d’autre.


La question devient alors :


« Qu’est-ce qui fait que l’autre me choisit, moi ? »

Cette interrogation peut être particulièrement douloureuse lorsqu’elle rencontre une histoire dans laquelle la personne a déjà éprouvé la peur de perdre sa place, de ne pas être suffisamment aimée, d’être abandonnée ou de voir quelqu’un d’autre lui être préféré.


Chez certaines personnes, cette crainte peut également rencontrer des difficultés liées à la dépendance affective : le sentiment d’être aimé par l’autre devient alors essentiel pour se sentir soi-même suffisamment sécurisé ou reconnu.


Cela ne signifie pas qu’il faudrait systématiquement chercher dans l’enfance la « cause » d’une jalousie actuelle. Mais lorsque certaines situations produisent une souffrance particulièrement intense, ou lorsqu’elles semblent se répéter d’une relation à l’autre, leur histoire peut mériter d’être interrogée.


Le rival : « qu’a-t-il ou qu’a-t-elle que je n’ai pas ? »


La jalousie ne concerne pas seulement le partenaire.


Elle concerne aussi le rival.


Celui-ci peut être réel : un collègue, une amie, un ancien partenaire, une personne récemment rencontrée.


Mais il peut également prendre une place considérable dans l’imaginaire.


La personne jalouse peut observer son apparence, sa personnalité, sa vie, parfois ses réseaux sociaux. Elle cherche ce que cet autre posséderait et qui pourrait expliquer le désir supposé du partenaire.


Le rival devient alors le support d’une comparaison permanente.


La question adressée au partenaire — « Est-ce que tu le/la désires ? » — peut ainsi en recouvrir une autre :


« Suis-je encore désirable à tes yeux ? »

La jalousie touche alors à la fois à la relation à l’autre, à l’image de soi et au regard sous lequel la personne se perçoit elle-même.


Peut-on être certain du désir de l’autre ?


La relation amoureuse confronte chacun à une limite : le désir de l’autre ne peut jamais être entièrement connu ni maîtrisé.


Une personne peut dire qu’elle aime. Elle peut choisir de rester, s’engager, être fidèle, construire une histoire commune.


Mais aucune parole ne peut constituer une garantie définitive de ce que l’autre pensera, ressentira ou désirera toujours.


La jalousie peut parfois apparaître comme une tentative de réduire cette incertitude.

Savoir où est l’autre. Avec qui. Qui lui écrit. Qui il regarde. Ce qu’il pense. Ce qu’il ressent. Ce qu’il désire.


Comme si parvenir à tout savoir permettait de supprimer le risque de perdre.


Or une difficulté apparaît : plus la certitude est recherchée, plus ce qui demeure incertain peut devenir insupportable.


Quand la jalousie devient contrôle


Lorsque la peur de perdre l’autre devient très importante, la jalousie peut progressivement modifier le fonctionnement du couple.


Les questions deviennent des interrogatoires.

Les demandes de réassurance deviennent des demandes de preuves.

Le téléphone est vérifié.

Les réseaux sociaux sont surveillés.

Certaines relations sont contestées.

Les déplacements doivent être expliqués.


Le partenaire peut finir par modifier ses propres comportements afin d’éviter les conflits : renoncer à certaines sorties, ne plus parler de certaines personnes, répondre immédiatement aux messages ou tenter d’anticiper tout ce qui pourrait provoquer une nouvelle crise.


À ce moment-là, la souffrance ne concerne plus seulement celui ou celle qui éprouve de la jalousie : elle commence à organiser la relation elle-même.


La souffrance psychique liée à la jalousie ne justifie cependant ni la surveillance permanente de l’autre, ni les menaces, ni l’intimidation, ni la violence.


Une infidélité peut-elle provoquer une jalousie importante ?


Il importe de distinguer une jalousie qui se développe sans qu’aucune infidélité n’ait eu lieu de la méfiance qui peut apparaître après la découverte d’une infidélité réelle.


Lorsqu’une confiance a effectivement été atteinte, les questions, le doute ou le besoin de comprendre ne prennent pas exactement le même sens.


Celui ou celle qui découvre une infidélité peut chercher à savoir ce qui s’est passé, depuis quand, avec qui, ce que son partenaire ressentait ou ce que cette relation représentait pour lui.


La question n’est alors plus seulement :


« Pourquoi suis-je jaloux ? »

Elle peut devenir :


« Peut-on encore faire confiance après ce qui s’est passé ? »

Et, parfois :


« Peut-on se remettre d’une infidélité dans un couple ? »

La découverte d’une infidélité ouvre ainsi des questions spécifiques qui ne peuvent être réduites à la seule jalousie.


Pourquoi la jalousie peut-elle se répéter d’une relation à l’autre ?


Certaines personnes constatent que la jalousie traverse plusieurs de leurs histoires amoureuses.


Les partenaires changent, mais une même inquiétude réapparaît.


Un message devient suspect. Une distance est immédiatement interprétée comme un désamour. L’apparition d’un tiers réveille la peur d’être abandonné ou remplacé.


La personne peut parfois elle-même s’interroger :


« Pourquoi est-ce que je répète toujours la même chose ? »

Cette répétition peut être particulièrement déroutante lorsque la personne sait que la relation actuelle est différente des précédentes, mais retrouve pourtant en elle les mêmes réactions.


Un travail psychothérapeutique ou psychanalytique peut alors permettre d’interroger ce qui se répète, non pour désigner un responsable, mais pour retrouver ce qui, dans l’histoire singulière de la personne, peut se rejouer dans sa relation à l’autre.


Consulter seul ou en couple lorsque la jalousie fait souffrir ?


Les deux possibilités peuvent avoir du sens.


Une thérapie de couple peut permettre de mettre au travail ce que la jalousie produit entre les partenaires : les accusations, les demandes incessantes de réassurance, les disputes, les silences, les tentatives de contrôle ou l’épuisement de celui ou celle qui doit constamment se justifier.


Mais la personne qui souffre elle-même de sa jalousie peut également souhaiter entreprendre un travail individuel.


« Je sais qu’il ne se passe probablement rien, mais je ne peux pas m’empêcher de vérifier. »
« Je vois bien que je suis en train d’abîmer ma relation. »
« Je ne veux plus vivre dans cette angoisse. »

Le travail psychothérapeutique peut alors permettre de déplacer progressivement la question : ne plus seulement chercher à savoir si l’autre donne suffisamment de garanties, mais interroger ce qui rend le doute, la rivalité ou la possibilité de perdre l’autre si difficiles à supporter.


Il ne s’agit pas nécessairement d’apprendre à ne plus jamais éprouver de jalousie, mais de comprendre ce que cette jalousie vient mettre en jeu pour cette personne là, dans cette relation là et dans son histoire singulière.


Consulter un psychologue pour des difficultés liées à la jalousie dans le couple


Lorsque la jalousie devient envahissante, elle peut constituer une véritable souffrance psychique, qu'il ne faut pas minimiser. Elle peut occuper une place considérable dans la vie de la personne qui l'éprouve, alimenter les doutes, les inquiétudes et les conflits, et devenir également trés éprouvante pour son conjoint.


Elle peut alors constituer un motif de consultation.


Je reçois dans mon cabinet de psychologie à Levallois-Perret des adultes en consultation individuelle ainsi que des couples.


Une première consultation peut permettre de mettre en mots ce qui se joue et d’interroger la manière dont cette jalousie s’inscrit dans l’histoire de la personne ou dans celle du couple.


Pour prendre rendez-vous, vous pouvez me contacter par téléphone au 06 15 15 61 63 ou prendre rendez-vous directement sur Doctolib.



 

 


 
 
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