Comment savoir si mon enfant est en souffrance ? Comprendre son langage singulier
22 août
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Dernière mise à jour : 18 sept.

« Je sens que quelque chose a changé chez mon enfant, mais je ne sais pas quoi. »
« Il ne me dit rien, mais je vois bien qu’il ne va pas comme d’habitude. »
« Est-ce une période normale ou est-ce qu’il essaie de nous faire comprendre quelque chose ? »
Ces questions sont souvent celles qui amènent les parents à consulter.
Être attentif à son enfant, c’est aussi accepter qu’il n’exprime pas toujours ses difficultés de la même manière qu’un adulte. Un enfant ne vient pas forcément dire : « Je suis inquiet », « Je suis triste », « Je traverse une période difficile ».
Sa souffrance peut parfois s’exprimer autrement : à travers son comportement, son corps, ses émotions, ses jeux ou sa manière d’être en relation avec les autres.
L’enfant exprime parfois ce qu’il ne peut pas encore dire
L’enfant est en construction. Selon son âge et son développement, il ne dispose pas toujours des mots nécessaires pour identifier ce qu’il ressent et mettre en forme ses émotions.
Là où un adulte peut parler de ses inquiétudes, de ses conflits ou de ses difficultés relationnelles, l’enfant peut manifester autrement ce qui le traverse.
Une colère répétée, une opposition inhabituelle, un retrait, des peurs nouvelles ou des difficultés dans les apprentissages peuvent parfois être une manière pour lui d’exprimer quelque chose qui cherche à être entendu.
Dans une approche clinique, le symptôme ou le comportement ne sont pas seulement considérés comme quelque chose qu’il faudrait faire disparaître. Ils peuvent aussi être envisagés comme une tentative de communication.
L’enfant exprime parfois par son comportement ce qu’il ne parvient pas encore à formuler avec des mots.
Observer les changements chez son enfant
Chaque enfant possède sa personnalité, son rythme et sa manière propre de réagir aux événements.
Un enfant peut être naturellement timide, très actif, sensible ou réservé sans que cela signifie qu’il souffre.
Ce qui interpelle souvent les parents n’est donc pas seulement un comportement en lui-même, mais plutôt une modification durable ou inhabituelle dans la manière d’être de leur enfant.
Par exemple :
un enfant habituellement joyeux qui devient triste ou très renfermé ;
un enfant qui développe des inquiétudes importantes ou des peurs qui prennent beaucoup de place ;
un enfant qui présente des colères plus fréquentes ou plus intenses qu’auparavant ;
un enfant qui perd confiance en lui ou évite certaines situations qu’il investissait auparavant ;
un enfant qui semble moins disponible dans ses jeux, ses relations ou ses apprentissages.
Ces changements invitent à s’interroger sur ce que l’enfant traverse.
La souffrance de l’enfant peut aussi passer par le corps
Chez l’enfant, les difficultés psychiques peuvent parfois s’exprimer par le corps.
Des douleurs répétées sans explication médicale suffisante, des troubles du sommeil, des changements dans l’alimentation, une fatigue inhabituelle ou certaines manifestations physiques peuvent être des signes qu’une souffrance cherche à se dire.
Cela ne signifie pas que ces symptômes sont « imaginaires ». La souffrance ressentie par l’enfant est réelle.
Le corps peut devenir un lieu d’expression lorsque les émotions sont trop difficiles à reconnaître ou à verbaliser.
Écouter ce que le corps de l’enfant vient manifester permet parfois d’ouvrir un espace de compréhension.
Faire la différence entre une étape du développement et une souffrance qui s’installe
L’enfance est traversée par de nombreuses périodes de changement.
Les oppositions, les colères, les peurs ou certaines régressions peuvent faire partie du développement normal de l’enfant.
Grandir implique de traverser des moments de déséquilibre : apprendre à se séparer, gagner en autonomie, trouver sa place, gérer ses émotions.
La question n’est donc pas de rechercher le moindre signe inquiétant, mais plutôt d’observer :
la durée des difficultés ;
leur intensité ;
leur impact sur la vie quotidienne de l’enfant et de sa famille ;
le changement éventuel par rapport à son fonctionnement habituel.
Lorsqu’un parent sent qu’une difficulté persiste, qu’il ne comprend plus son enfant ou qu’il se sent impuissant face à ce qui se passe, il peut être utile de demander un éclairage extérieur.
Quand les parents ont le sentiment de ne plus comprendre leur enfant
Certains parents décrivent un sentiment de distance :
« J’ai l’impression qu’il y a un mur entre nous. »
« Je ne sais plus comment lui parler. »
« J’ai essayé beaucoup de choses, mais rien ne semble fonctionner. »


