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Je n’arrive pas à gérer ma colère : quand consulter un psychologue ?

23 juil.
8 min de lecture

« Je m’énerve pour rien. »« Je suis débordé(e) par ma colère. »« Quand je suis en colère, je dis des choses que je regrette ensuite. »« Je prends sur moi pendant longtemps, puis tout explose. »« Je ne me reconnais pas quand je me mets en colère. »

La colère fait partie des émotions humaines.


Elle peut surgir face à une injustice, une frustration, une contrariété, une humiliation ou lorsqu’une limite semble avoir été franchie.


Ressentir de la colère n’est donc pas, en soi, le signe d’un problème psychologique.


La colère traverse depuis longtemps les récits humains. L’Iliade¹ s’ouvre sur la colère d’Achille, dans laquelle sont engagées l’offense, l’honneur et la place qui lui est reconnue.


Bien plus tard, Les Raisins de la colère² de John Steinbeck donne à voir une colère qui se nourrit notamment de l’injustice et de ce qui devient intolérable.


Ces œuvres très éloignées l’une de l’autre rappellent à leur manière que la colère appartient à l’expérience humaine. Elle n’est pas, en elle-même, pathologique et ne peut pas toujours être réduite à une émotion qu’il faudrait simplement apprendre à contrôler.


Mais il arrive qu’elle prenne une place devenue difficile à supporter. Elle peut sembler disproportionnée par rapport à ce qui vient de se produire, se répéter, envahir les relations ou donner le sentiment de perdre le contrôle.


Certaines personnes viennent alors consulter avec une demande précise :


« Je voudrais apprendre à gérer ma colère. »

Lorsqu’une personne cherche comment gérer sa colère, elle peut se tourner vers des ateliers de gestion de la colère, des exercices de respiration, des techniques de relaxation, la méditation ou le yoga. Ces pratiques peuvent permettre de chercher à apaiser la tension ou à mieux contenir ce qui déborde.


Mais lorsque l’intensité de la colère paraît sans commune mesure avec la situation qui semble l’avoir déclenchée, une autre question peut progressivement se poser : d’où vient cette colère ?


La colère manifeste


La colère peut surgir avec une intensité telle que la personne a le sentiment de ne plus parvenir à se maîtriser.


Un désaccord, une remarque, une frustration ou un événement apparemment anodin peuvent déclencher une réaction dont l’intensité surprend parfois la personne elle-même : crier, prononcer des paroles blessantes, casser un objet, quitter brutalement une situation ou avoir un comportement regretté après coup.


« Je me suis encore énervé(e) pour rien. »

Pourtant, ce « rien » mérite parfois d’être interrogé.


Ce qui semble insignifiant vu de l’extérieur peut avoir touché quelque chose de beaucoup plus sensible : un sentiment d’injustice, l’impression de ne pas être entendue, d’être rejetée, humiliée, abandonnée, dévalorisée, de ne pas occuper la place attendue ou, au contraire, d’occuper une place qui fait souffrance.


La situation présente peut ainsi constituer le déclencheur sans être nécessairement à l’origine de la colère.


Le corps peut également être engagé : accélération du rythme cardiaque, tension musculaire, mâchoire ou poings serrés, sensation de chaleur, agitation, besoin de crier, de partir ou d’agir.


Lorsque la colère déborde, elle peut parfois conduire à ce que l’on appelle un passage à l’acte : quelque chose qui ne parvient pas à se dire trouve alors à s’exprimer dans l’acte.


Cela peut se manifester par un geste impulsif, le fait de casser un objet, de partir brutalement, de s’en prendre à quelqu’un ou parfois de se faire du mal.


Une question peut alors se poser : vers qui cette colère est-elle dirigée ? Vers l’autre, ou vers soi-même ?


La colère peut parfois côtoyer la haine, qu’elle soit dirigée vers l’autre ou retournée contre soi-même.


Après ces moments de débordement peuvent apparaître la culpabilité, la honte, l’incompréhension ou la crainte que cela recommence. La personne peut ne plus se reconnaître dans ce qu’elle vient de dire ou de faire.


La colère n’est pas toujours bruyante


À l’inverse du débordement ou de l’explosion, certaines colères restent silencieuses, contenues, parfois sourdes.


Elles peuvent se manifester par une irritabilité persistante, une anxiété, une tension intérieure, du ressentiment, une certaine froideur dans les relations, un retrait ou une hostilité difficile à expliquer.


Certaines personnes ont appris à ne pas montrer leur colère, à la retenir ou à éviter le conflit. Mais il arrive également que la personne n’ait pas elle-même conscience de la colère qu’elle éprouve.


La question d’une colère inconsciente peut alors se poser : non pas une colère volontairement dissimulée ou retenue, mais une colère qui n’est pas encore reconnue comme telle par la personne elle-même.


Le silence de la colère ne signifie pas son absence. Lorsqu’elle ne se manifeste pas ouvertement, elle peut trouver d’autres voies pour s’exprimer.


Une même personne peut longtemps contenir ce qu’elle ressent avant de se retrouver soudainement débordée :


« J’ai tout gardé pendant des mois et, cette fois, j’ai explosé. »

Quand la colère se mêle à d’autres affects


La colère ne se présente pas toujours de manière isolée.


Elle peut parfois se mêler à l’angoisse. Une colère particulièrement intense peut devenir envahissante, presque étouffante. La personne peut avoir le sentiment d’être complètement débordée par ce qu’elle éprouve, de ne plus parvenir à se reconnaître ou de ne plus se sentir tout à fait elle-même.


« Quand je suis dans cet état-là, j’ai l’impression que ce n’est plus moi. »

Ce débordement peut lui-même devenir source d’angoisse : non seulement la personne est en colère, mais elle peut aussi être effrayée par l’intensité de ce qu’elle ressent et par le sentiment de ne plus parvenir à le contenir.


La colère peut également côtoyer la tristesse. À ce qui met en colère peuvent se mêler une peine, une déception, un sentiment de perte ou une profonde tristesse qui n’avaient pas nécessairement trouvé à s’exprimer.


« Je crie sur mes enfants » : quand la colère surgit dans la parentalité


Certains parents consultent parce qu’ils ont le sentiment de manquer de patience, de s’énerver trop vite contre leur enfant, de crier davantage qu’ils ne le souhaiteraient ou d’être parfois débordés par une colère dont ils comprennent mal l’intensité.


Après coup peuvent apparaître la culpabilité et les regrets :


« Je m’en veux d’avoir crié. »« Je ne veux pas réagir comme ça avec mes enfants. »« Je ne comprends pas pourquoi je m’énerve autant avec eux. »

Pouvoir reconnaître cette difficulté et décider d’en parler à un psychologue constitue déjà une démarche importante. La consultation offre un espace sans jugement, dans lequel le parent peut parler de sa colère, y compris de ce qu’il peut être difficile ou culpabilisant de reconnaître.


Il ne s’agit pas de désigner un « mauvais parent », mais de chercher à comprendre ce qui se joue dans ces moments de débordement : pourquoi certaines situations déclenchent-elles une réaction aussi vive ? Pourquoi avec cet enfant, à ce moment-là, ou dans certaines circonstances particulières ?


Pourquoi certaines situations peuvent-elles mettre autant en colère ?


Lorsqu’une personne consulte pour apprendre à gérer sa colère, la question peut progressivement se déplacer. Il ne s’agit plus seulement de se demander :


« Comment faire pour ne plus me mettre en colère ? »

mais aussi :


« Pourquoi certaines situations me mettent-elles autant en colère ? »

La colère peut apparaître lorsqu’une limite est franchie, face à un sentiment d’injustice ou lorsque la personne se sent impuissante, blessée, rejetée ou dévalorisée.


Parfois, c’est quelque chose chez l’autre qui provoque une irritation particulièrement vive : un trait de caractère, une attitude, une manière de parler ou d’être.


Ce qui paraît insupportable chez l’autre peut parfois faire écho à quelque chose de soi qui reste difficile à reconnaître ou demeure en partie méconnu.


La projection constitue alors une piste possible : ce qui est attribué à l’autre peut aussi venir toucher quelque chose qui appartient à la personne elle-même.


La question peut alors se déplacer :


Qu’est-ce qui, chez l’autre, met autant en colère, et pourquoi cela touche-t-il à ce point ?


Certaines colères semblent également se répéter. Les mêmes disputes reviennent dans le couple, certaines paroles déclenchent régulièrement la même réaction, les conflits se reproduisent au travail ou la personne retrouve, avec des interlocuteurs différents, des situations étrangement semblables.


Lorsque cette répétition devient source de souffrance, il peut devenir intéressant d’interroger ce qui semble se rejouer d’une situation à l’autre.


Comment un psychologue peut-il aider à gérer la colère ?


Consulter un psychologue pour des difficultés à gérer sa colère ne signifie pas nécessairement chercher à supprimer toute colère.


La colère peut avoir une fonction.


Elle peut signaler qu’une limite a été franchie, accompagner un sentiment d’injustice ou permettre à quelque chose de s’exprimer lorsqu’aucune autre voie n’a encore pu être trouvée.


Le travail thérapeutique peut permettre d’interroger progressivement la place que prend cette colère dans la vie de la personne, dans ses relations et dans son histoire.


Mettre des mots sur ce qui se passe peut aussi permettre que tout ne passe plus uniquement par le débordement, le silence, la tension ou l’acte.


Il ne s’agit donc pas seulement d’apprendre à « contrôler » sa colère, mais de pouvoir entendre ce qui s’y exprime et ce qu’elle vient parfois signaler.


D’où vient cette colère ?


Lorsque la colère semble disproportionnée à la situation qui l’a déclenchée, lorsqu’elle se répète ou qu’elle paraît surgir sans que la personne puisse véritablement comprendre pourquoi, la question de son origine peut progressivement se poser.


La situation présente ne suffit pas toujours à rendre compte de ce qui est éprouvé. La colère peut faire écho à une histoire plus ancienne, à certaines expériences, à des relations ou à quelque chose qui se trouve réactivé dans le présent.


Cette question peut parfois s’inscrire dans une histoire familiale plus large : certaines colères peuvent faire écho à ce qui s’est transmis, consciemment ou non, d’une génération à l’autre. La question d’une transmission transgénérationnelle peut alors se poser.


Et parfois, une autre question peut s’ouvrir :


À qui appartient réellement cette colère ? Est-ce ma colère, ou y a-t-il dans ce que j’éprouve quelque chose de l’autre que j’ai, au cours de mon histoire, repris à mon compte ?

Ces questions n’appellent pas nécessairement une réponse immédiate.


Elles peuvent constituer le point de départ d’un travail permettant d’interroger autrement ce qui, jusque-là, se manifestait surtout par la colère.


Quand consulter un psychologue pour sa colère ?


Il n’existe pas de seuil précis à partir duquel une personne devrait consulter.


La question peut se poser lorsque la colère devient difficile à maîtriser, lorsque les débordements se répètent, lorsqu’elle conduit à des actes regrettés après coup ou lorsqu’elle prend une place importante dans les relations de couple, familiales, parentales ou professionnelles.


Mais consulter peut également avoir du sens lorsque la colère est beaucoup moins visible : irritabilité quotidienne, ressentiment persistant, impression de devoir constamment se retenir ou sentiment diffus d’être en colère sans parvenir à comprendre pourquoi.


La question n’est donc peut-être pas seulement :


« Est-ce que je suis trop en colère ? »

mais aussi :


« Quelle place cette colère prend-elle dans ma vie et dans mes relations ? »

Consulter un psychologue pour des difficultés à gérer sa colère à Levallois-Perret


La colère peut être bruyante ou silencieuse, ponctuelle ou répétitive, consciente ou parfois difficile à reconnaître.


Elle peut se diriger vers l’autre comme vers soi-même.


Lorsqu’elle devient source de souffrance, de conflits, de culpabilité ou de débordements, consulter peut permettre d’ouvrir un espace dans lequel ce qui se manifeste à travers la colère peut progressivement être mis en mots et interrogé.


Une demande qui commence par :


« Je n’arrive pas à gérer ma colère. »

peut ainsi ouvrir progressivement d’autres questions : pourquoi cette colère surgit-elle ? Pourquoi dans certaines situations ou avec certaines personnes ? Vers qui est-elle dirigée ? D’où vient-elle ? À qui appartient-elle ?


Si vous souhaitez prendre rendez-vous pour une première consultation, vous pouvez me contacter par téléphone au 06 15 15 61 63 ou prendre rendez-vous directement sur Doctolib.

Je vous reçois à mon cabinet de psychologie à Levallois-Perret, à proximité du métro Anatole France.


Références

¹ Homère, L’Iliade, composition généralement située vers la fin du VIIIᵉ siècle av. J.-C.

²John Steinbeck, Les Raisins de la colère (The Grapes of Wrath), 1939.

 

 
 
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